Épisode 4

– Bonjour à vous tous ! Je suis très heureuse de vous retrouver… pour un quatrième épisode de ce colloque fictif sur la méditation ! Merci de votre présence !

– Pardon Juliette…

– Je me souviens plus de ton prénom, tu peux me le rappeler, s’il te plaît ?

– Louis, je m’appelle Louis. Je voulais dire que… nous sommes si peu… tu ne crois pas que ça n’intéresse plus personne la méditation au bout de 3 semaines de confinement ?

– Salut Louis ! Comme je l’ai déjà dit, je n’organise pas ces temps de rencontre pour faire de la pub pour la méditation alors si les gens s’en désintéressent, ils ont bien le droit mais ce n’est sûrement pas une raison ou un prétexte pour ne plus pratiquer !

– Charlotte ! Moi, c’est Charlotte… je voudrais poser une question simple : Pourquoi on méditerait aujourd’hui ? On n’est plus pressé dans nos vies, enfin pour la plupart on a du temps… alors ça sert à quoi ?

– J’ai mis mon tee-shirt à paillettes aujourd’hui et je me suis maquillée plus que d’habitude. J’en avais envie !

– C’est quoi le rapport, Juliette ?

– Est-ce que Charlotte, Louis ou…

– Ali.

– Ou Ali s’est dit « quand même, mettre un tee-shirt à paillettes, c’est abusé ! En temps de crise sanitaire et pour parler de quelque chose de si sérieux que la méditation… ? Ne me le dites pas, je m’en fiche ! Mais je suis sûre que oui. Je me le suis dit en mettant cette tenue ce matin et comme j’ai eu cette pensée, j’ai rajouté une couche de blush !

– Oui et alors ?

– Nous revenons à nos vieilles habitudes de souffrance. De jugements les uns envers les autres. Il y a les clans : ceux qui respectent bien les règles du confinement, « les sages », il y a les cancres, les rebelles, les appelés « égoïstes ou inconscients », il y a ceux qui se la jouent collectifs, et ceux qui ne pensent qu’à eux. Nous en oublions même parfois pourquoi nous sommes confinés, nous parlons de la règle, de notre rapport à la règle, comme quand nous étions gamins avec nos parents…

– Mais le confinement est une bonne chose, ça sauve des vies, c’est quand même pas négligeable, ça !

– Bien sûr, Louis ! Je parle juste des effets sur nos comportements. Une nouvelle situation qui crée de la peur, nous l’avons déjà dit, a nécessité des interdictions totalement inhabituelles et comment ça se passe à l’intérieur de nous ? Est-ce que le fait de nous interdire de nous voir nous rapproche ou nous éloigne les uns des autres ?

– C’est comme pendant les guerres, il y en a qui sont du bon côté et les autres qui sont du mauvais, il y a les héros et les autres qui ne pensent qu’à sauver leur peau !

– La seule différence c’est qu’aucune nation ne se bat l’une contre l’autre. Nous sommes tous du même côté. Nous faisons partie de la même espèce. Un virus nous oblige à nous tenir loin les uns des autres pour préserver la vie de ceux qui pourraient en souffrir, voire en mourir. Mais de loin, sans nous voir, ni même nous toucher il est possible de se faire du mal, de se lancer une guerre d’opinion, de morale, de points de vue. La guerre physique a dû cesser, nous la remplaçons par une guerre d’idées, de points de vue. Les humains ont tendance à entretenir des conflits. Pourquoi ? Pour gonfler la surface car la profondeur tremble. Revenons aux tremblements, à nos fragilités et laissons nos tendances guerrières à nos jeux d’enfants !

– J’aurais préféré que vous mettiez une tenue de nonne… ça m’aurait aidé à vous respecter et à vous écouter davantage !

– Merci Ali ! Maintenant, si vous le voulez bien, taisons-nous. En tailleur, les jambes tendues ou même assis sur une chaise si c’est préférable pour vous. Le dos droit. La tête légèrement penchée vers l’avant. Fermons les yeux et écoutons le brouhaha intérieur. Il y a un boucan de dingue, là-dedans ! Et respirons mes ami.e.s. Vous respirez ? Regardez les combats. Regardez l’énergie dépensée. Regardez et respirez. Les deux mains sur le cœur. Mettez vos mains sur le cœur ! La vie continue à l’intérieur. La vie continue… alors respirez…

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Episode 3

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